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Le temps qui reste

CHRONIQUE D’UN ALLÈGEMENT

Ce temps qui reste, c’est celui d’un photographe de mode de 30 ans qui apprend que le cancer le condamne à très court terme. Une fois ceci posé, que va faire Ozon de son film ? Melvil Poupaud, qui incarne Romain, va passer par toutes les étapes que connaissent ceux qui se savent condamnés : d’abord l’abattement, puis la colère, et enfin l’acceptation. Romain commence par démolir consciencieusement tout ce qui fait sa vie, sans jamais parler du compte à rebours qui le ronge. Puis il se confie à la seule personne qui peut le comprendre : sa grand-mère (Jeanne Moreau).

Très noir au début (description glauque du milieu homo), le film s’allège peu à peu de toutes ses pesanteurs et tend vers une épure impressionnante. Si le scénario ne cherche pas toujours la vraisemblance, François Ozon parsème son film de jolies trouvailles, comme ces plans où Romain croise l’enfant qu’il a été. Des scènes très belles, en tout cas plus crédibles que celle avec les parents et la sœur de Romain, qui n’apporte rien à l’histoire. On regrettera aussi, encore une fois, un rôle « sacrifice » confié à Valéria Bruni-Tedeschi, qui mérite beaucoup mieux que ça.

Un film de François Ozon (France) - avec Melvil Poupaud, Jeanne Moreau et Valeria Bruni-Tedeschi

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